Vous rangez sans arrêt ? Et si vous aviez simplement trop d’affaires ?
Vous connaissez ce moment où vous arrivez devant votre dressing avec votre pile de linge propre dans les bras…
Vous ouvrez la porte.
Vous regardez les étagères.
Et là, vous vous demandez sérieusement :
« Mais où est-ce que je vais mettre tout ça ? »

Pourtant, ce n’est pas que vous manquez forcément de rangement.
Votre dressing est plein. Très plein même.
Sauf qu’au milieu des vêtements que vous portez vraiment, il y a aussi ce jean qui ne vous va plus depuis trois ans, cette robe achetée pour « quand j’aurai une occasion », ces tee-shirts que vous ne choisissez jamais et quelques vêtements qui attendent patiemment un hypothétique retour en grâce.
Résultat ?
Vos vêtements préférés , ceux que vous portez réellement , finissent parfois…
sur LA chaise.
Oui, celle-là.

Pas forcément parce que vous êtes incapable de ranger.
Mais parce que, soyons honnêtes : la chaise, elle, avait encore de la place.
Et ce qui se passe dans votre dressing se passe peut-être aussi ailleurs dans votre maison.
Dans la cuisine, vous déplacez trois mugs pour attraper votre préféré alors que vous utilisez toujours les six mêmes.
Dans la salle de bain, vous cherchez votre crème au milieu de produits entamés, de doublons et de ce shampoing qui ne vous convient pas mais que vous gardez parce que « quand même, il est presque plein ».
Dans le meuble de l’entrée, les chaussures du quotidien restent parfois devant… parce que celles que personne ne porte occupent déjà toute la place à l’intérieur.
Et puis il y a peut-être ce fameux placard.
Vous savez.
Celui qu’on ouvre doucement.
Avec une main sur la porte.
Parce qu’on sent bien qu’un objet pourrait profiter de l’occasion pour tenter une évasion.
Alors vous essayez de mieux ranger.
Vous déplacez.
Vous empilez.
Vous réorganisez.
Vous achetez une nouvelle boîte.
Et pendant quelques jours, vous vous dites :
« Ah ! Là, c’est bon. »
Puis petit à petit, le bazar revient.
Et forcément, à force, vous pouvez finir par penser :
« Je suis vraiment nulle en rangement. »

Et si le problème n’était pas votre façon de ranger ?
Et si vous n’aviez pas besoin de mieux ranger, mais simplement de libérer de la place pour les choses que vous utilisez vraiment ?
Parce que vous pouvez devenir championne olympique du pliage de tee-shirts, si vos placards débordent de partout…
ça restera compliqué.
Et c’est justement quelque chose que je constate très souvent dans mon métier de home organiser.
Ranger sa maison ne devrait pas être compliqué
Commençons par une mauvaise nouvelle.
Même après avoir désencombré votre maison…
il faudra toujours ranger.
Désolée.
Je n’ai pas encore trouvé la méthode qui remet toute seule la casserole dans le placard, le pull dans le dressing et les chaussures des enfants dans le meuble de l’entrée.
Si je la trouve, promis, je vous tiens au courant.
Parce qu’une maison dans laquelle on vit se dérange.
On cuisine.
On s’habille.
On se prépare le matin.
On reçoit.
Les enfants sortent leurs affaires.
Bref : on vit.
Et vivre implique de prendre des objets, de les utiliser puis de les remettre à leur place.
Ranger les objets qu’on utilise, c’est la vie.
Vous sortez une casserole pour préparer le dîner.
Vous la lavez.
Vous ouvrez le placard.
Vous la remettez à sa place.
Terminé.
Ça, c’est du rangement normal.
Mais imaginez maintenant que pour ranger cette casserole, vous deviez d’abord sortir deux poêles, un wok que vous n’utilisez jamais et l’appareil à fondue qui n’a pas vu un morceau de fromage depuis 2017.
Puis réussir à remettre le tout en équilibre.
Là, le même geste devient beaucoup plus pénible.
Et c’est exactement là que se situe la différence.
Le problème commence quand les objets que vous utilisez au quotidien n’ont plus de place où revenir parce que les placards, tiroirs et étagères sont déjà remplis de choses que vous n’utilisez plus.
Ranger ne consiste alors plus simplement à remettre quelque chose à sa place.
Il faut pousser.
Déplacer.
Empiler.
Chercher un petit trou.
Réorganiser.
Et parfois abandonner.
« Bon… je la poserai là pour l’instant. »
Et voilà comment commencent beaucoup de petits tas dans une maison.
Pas forcément par manque de volonté.
Mais parce que l’objet n’a plus de place évidente où revenir.
C’est là que le trop-plein devient réellement problématique :
le trop-plein transforme un geste banal du quotidien en corvée.
Les objets que vous n’utilisez plus prennent la place de ceux que vous utilisez
C’est probablement l’une des choses les plus importantes à comprendre lorsqu’on parle de désencombrement.
Un objet inutilisé ne fait pas « rien ».
Il occupe de l’espace.
Revenons dans votre dressing.
Imaginez que vous portiez régulièrement une partie de vos vêtements.
Ce sont eux que vous lavez.
Ce sont eux que vous devez remettre dans le dressing chaque semaine.
Mais l’espace disponible est aussi occupé par cette robe jamais portée, ces pantalons trop petits, ces pulls que vous n’aimez finalement pas et ces vêtements que vous gardez « au cas où ».
Résultat : les vêtements qui doivent entrer et sortir facilement du dressing n’ont plus suffisamment de place.
Et le linge propre commence à s’installer sur la chaise.
Dans la cuisine, même scénario.
Vous avez peut-être 25 mugs.
Mais, bizarrement, vous buvez toujours votre café dans les trois mêmes.
Les 22 autres ne sont pourtant pas complètement inoffensifs.
Ils occupent la place autour de vos trois mugs préférés.
Voilà pourquoi je parle souvent d’objets dormants.
Ils ne sont plus vraiment utilisés…
mais ils continuent à occuper une place bien réelle dans votre maison.

Et les chiffres le montrent aussi
Le dressing est particulièrement intéressant pour comprendre ce phénomène.
Une grande étude menée au Royaume-Uni par l’organisme WRAP a analysé les habitudes vestimentaires et près de 45 000 vêtements.
Résultat : l’adulte britannique possédait en moyenne 118 vêtements, et environ 26 % n’avaient pas été portés depuis au moins un an.
Autrement dit :
environ 1 vêtement sur 4 dormait dans le dressing depuis au moins douze mois.
D’autres données britanniques publiées en 2026 estiment même à environ 32 % la proportion de vêtements non portés sur une année.
Et pourtant, combien de fois entend-on :
« Je n’ai rien à me mettre ! »
devant un dressing qu’on arrive à peine à fermer ?
Évidemment, ces chiffres ne veulent pas dire que tout ce qui n’a pas servi depuis un an doit sortir de chez vous.
Votre robe de cérémonie peut rester.
Votre combinaison de ski aussi.
Et je ne vais pas vous obliger à vous débarrasser du plat familial prévu pour les 18 personnes qui débarquent à Noël sous prétexte que vous ne l’utilisez que deux fois par an.
La fréquence d’utilisation n’est pas le seul critère.
La question intéressante est plutôt :
« Est-ce que cet objet mérite toujours la place que je lui consacre ? »

Parce que chaque centimètre occupé par quelque chose dont vous n’avez plus réellement besoin est un centimètre qui n’est plus disponible pour ce qui fait partie de votre vie aujourd’hui.
Chaque objet possède un coût invisible
Il y a une autre chose que nous oublions souvent.
Quand nous achetons un objet, nous ne faisons pas seulement entrer un objet dans notre maison.
Nous faisons également entrer sa gestion future.
Prenez un pull.
Il faut lui trouver une place.
Le laver.
Le sécher.
Le plier.
Le ranger.
Le déplacer lorsque vous réorganisez votre dressing.
Décider un jour si vous le gardez.
Puis éventuellement le vendre, le donner ou le recycler.
Un pull ? Franchement, ça va.
Mais 25 pulls ?
Ajoutez les chaussures.
Les jouets.
Les livres.
La vaisselle.
Les produits de beauté.
Les papiers.
Les ustensiles de cuisine.
Les décorations de Noël.
Et évidemment…
le tiroir à câbles.
Vous savez très bien de quel tiroir je parle.
Celui dans lequel vit une petite communauté de chargeurs dont personne ne connaît plus vraiment l’utilité.
Mais qu’on garde quand même.
Parce que :
« On ne sait jamais, ça peut servir. »
Bien sûr.
Un mardi de novembre 2034, vous serez peut-être extrêmement heureuse d’avoir conservé le chargeur du Nokia 3310.
En attendant, tous ces objets doivent être stockés quelque part.
C’est ce que j’appelle le coût invisible des objets.
Ils ne prennent pas seulement de la place dans vos mètres carrés.
Ils prennent aussi du temps, de l’énergie et de l’espace mental.
Quand le trop-plein entre aussi dans notre tête
Parce qu’une maison encombrée ne s’arrête malheureusement pas toujours à la porte des placards.
Elle peut aussi continuer à nous suivre…
dans notre tête.
Je le constate très régulièrement lors de mes accompagnements.
Une cliente m’ouvre une porte et me dit :
« Ce placard, ça fait deux ans que je me dis qu’il faut que je m’en occupe. »
Puis on passe devant le garage :
« Là aussi, il faudrait vraiment qu’on fasse quelque chose. »
Puis la chambre :
« Il faut que je trie les vêtements. »
Puis les papiers :
« Ah oui… ça aussi. »
Le fameux “il faudrait”.
Il faudrait trier.
Il faudrait vendre.
Il faudrait donner.
Il faudrait ranger.
Il faudrait s’occuper de cette pièce.
Deux petits mots qui peuvent finir par occuper une sacrée place.
Et cette sensation n’est pas complètement anodine.
Des chercheurs de l’UCLA se sont intéressés au quotidien de familles dans leur environnement domestique et notamment à la façon dont les participants décrivaient leur maison.
Chez les femmes de l’étude, celles qui décrivaient davantage leur logement en utilisant des termes associés au désordre et aux choses inachevées présentaient un profil quotidien de cortisol différent et une évolution moins favorable de leur humeur au cours de la journée.
Attention : cette étude portait sur un petit échantillon et ne permet pas de conclure que le bazar provoque automatiquement du stress.
Mais elle met en évidence une association intéressante entre la perception d’un intérieur encombré ou inachevé et certains marqueurs liés au stress et à l’humeur.
Autre résultat assez parlant issu de ce programme de recherche : plus de 75 % des garages des familles observées étaient utilisés exclusivement comme espaces de stockage supplémentaires plutôt que pour les voitures.
Quand les affaires commencent à expulser la voiture du garage…
on peut peut-être commencer à se demander qui habite réellement chez qui.

« Il me faudrait plus de rangement »
Voilà une phrase que j’entends souvent.
Et je comprends complètement le raisonnement.
Le placard déborde.
Donc il faut un placard plus grand.
Le dressing est plein.
Donc il faudrait une commode supplémentaire.
Le meuble ne suffit plus.
Donc on achète des boîtes.
Des paniers.
Des organisateurs.
Et si possible avec de jolies étiquettes parce qu’après tout, quitte à avoir trop de choses, autant que ce soit photogénique.
Mais avant d’ajouter du rangement, il y a une question beaucoup plus importante à poser :
« Ai-je réellement besoin de ranger tout ce qui est là ? »
Parce que les systèmes de rangement sont utiles.
J’en utilise évidemment dans mes accompagnements.
Mais APRÈS le tri.
Sinon, vous ne faites finalement qu’organiser le trop-plein.
Et organiser parfaitement 50 objets alors que vous n’en utilisez réellement que 30 ne change pas le problème :
vous avez toujours 20 objets qui occupent la place dont les autres ont besoin.
C’est précisément pour cela que je répète souvent :
Rien ne sert de ranger, il faut d’abord trier. (c'est ma devise)
Désencombrer ne veut pas dire vivre avec trois assiettes et deux culottes
Je préfère quand même préciser.
Parce que lorsqu’on parle de désencombrement, certaines imaginent immédiatement une maison minimaliste avec trois assiettes, deux culottes et un vase posé tout seul au milieu d’une immense étagère beige.
Ce n’est absolument pas ma vision.
Vous aimez les livres ?
Gardez des livres.
Vous recevez régulièrement 15 personnes ?
Vous avez probablement besoin de beaucoup plus de vaisselle que quelqu’un qui vit seul.
Vous adorez les chaussures ?
Très bien.
Et le saladier de votre grand-mère peut avoir une valeur immense pour vous même si vous ne préparez jamais de salade dedans.
Désencombrer ne signifie pas posséder le moins possible.
Cela signifie plutôt :
posséder une quantité de choses compatible avec votre espace, vos besoins, votre mode de vie et l’énergie que vous avez envie de consacrer à leur gestion.
Il n’existe donc pas de « bon nombre » d’objets à posséder.
Je ne cherche pas à créer des maisons parfaites.
Je cherche à créer des maisons faciles à vivre.
Et ça change tout.
Comment savoir si vous avez trop d’affaires chez vous ?
Il y a une question que je trouve beaucoup plus intéressante que :
« Ma maison est-elle bien rangée ? »
Demandez-vous plutôt :
« Ma maison est-elle facile à remettre en ordre ? »
Parce qu’une maison dans laquelle on vit se dérange.
Et heureusement.
En revanche, observez ce qui se passe lorsque vous voulez ranger.
Est-ce que vous ouvrez votre dressing avec votre pile de linge propre et que vous savez immédiatement où la poser ?
Ou faut-il commencer par pousser, compresser et réorganiser ?
Lorsque vous videz le lave-vaisselle, chaque chose retrouve-t-elle facilement sa place ?
Ou faut-il jouer au mikado avec les bols pour réussir à refermer le placard ?
Quand vous rentrez chez vous, vos chaussures ont-elles une place disponible ?
Ou restent-elles dans l’entrée parce que le meuble est déjà rempli de chaussures que personne ne porte ?
C’est ça que j’observerais.
Parce que lorsque les objets du quotidien n’ont plus de place où revenir, il y a peut-être un problème de quantité avant d’y avoir un problème de rangement.
Je vous lance un petit défi
Rassurez-vous.
Je ne vais pas vous demander de désencombrer toute votre maison ce week-end.
Je tiens à votre santé mentale.
Choisissez simplement un placard que vous utilisez souvent.
Votre dressing.
Un meuble de cuisine.
Le placard de la salle de bain.
Ouvrez-le.
Mais cette fois, ne regardez pas seulement si c’est « bien rangé ».
Regardez qui occupe la place.
Posez-vous trois questions :
Qu’est-ce que j’utilise vraiment ici ?
Qu’est-ce qui dort dans ce placard depuis des mois ou des années ?
Et surtout :
Est-ce que ces objets dormants prennent aujourd’hui la place dont j’ai besoin pour ranger facilement les choses que j’utilise vraiment ?
Vous n’êtes même pas obligée de tout trier immédiatement.
Commencez par regarder votre maison différemment.
Parce que parfois, le déclic est simplement celui-ci :
« En fait, mon problème n’est pas que je ne sais pas ranger. Je n’ai juste plus suffisamment de place pour ranger facilement ce que j’utilise. »
Et là, on ne cherche plus la boîte magique.
On commence à travailler sur le vrai problème.
Vous n’avez peut-être pas besoin de mieux ranger
Le désencombrement ne fera pas disparaître le rangement du quotidien.
Vous devrez toujours ranger votre casserole après l’avoir utilisée.
Vous devrez toujours remettre votre linge propre dans votre dressing.
Et, sauf miracle, les chaussures des enfants ne rejoindront probablement jamais spontanément le meuble prévu à cet effet.
Mais le désencombrement peut faire quelque chose de beaucoup plus réaliste :
rendre ces gestes simples.

Prendre une casserole sans en déplacer quatre.
Ouvrir son dressing et voir ses vêtements.
Ranger son linge propre sans pousser une pile.
Retrouver ce qu’on cherche sans fouiller trois placards.
Et surtout :
remettre un objet à sa place sans avoir à réfléchir à l’endroit où on va bien pouvoir le caser.
Parce qu’au fond, c’est ça l’objectif.
Pas une maison parfaitement rangée 24 heures sur 24.
Pas une maison minimaliste.
Pas une maison Pinterest.
Une maison dans laquelle les objets que vous aimez et que vous utilisez ont suffisamment de place pour être utilisés… puis facilement remis à leur place.
Alors non.
Vous n’avez peut-être pas besoin de devenir meilleure en rangement.
Vous avez peut-être simplement besoin de libérer de la place pour ce qui fait vraiment partie de votre vie aujourd’hui.
Et bonne nouvelle : ça s’apprend.
Petit à petit.
Placard après placard.
Décision après décision.
Jusqu’à ce que ranger redevienne un geste banal du quotidien…
et non une partie de Tetris grandeur nature.
Besoin d’un coup de pouce pour désencombrer votre maison ?
Vous avez envie d’alléger votre intérieur mais vous ne savez pas par où commencer ?
Vous manquez de temps ou d’énergie ?
Ou peut-être avez-vous déjà commencé plusieurs fois…
avant de vous retrouver trois heures plus tard assise au milieu de vos affaires, entourée de six piles et en regrettant légèrement vos choix de vie ?
C’est justement là que je peux vous aider.
En tant que home organiser, je vous accompagne pour trier, désencombrer et organiser votre maison en fonction de votre vraie vie.
Pas de jugement.
Pas d’objectif « maison témoin ».
Et certainement pas l’obligation de jeter la moitié de vos possessions.
L’objectif est beaucoup plus simple :
retrouver une maison dans laquelle ce que vous utilisez et ce que vous aimez a enfin la place d’être facilement rangé.
Parce qu’au fond, désencombrer sa maison, ce n’est pas simplement enlever des objets.
C’est faire de la place à ceux qui comptent vraiment.

Sandra Fradin
home organiser certifée depuis 2019
membre de la FFPO (fédération des pros de l'organisation)




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